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7 au 12 juin 2010 - 47e Congrès CFDT

lundi 7 juin 2010 par CFDT Haute-Savoie
En direct du Congrès Confédéral
par Jean-François Cullafroz

 10 juin 2010 - Retraites : le cap est donné

Trois votes successifs ont approuvé les propositions du bureau national sortant : oui à la retraite dès 60 ans, mais avec l’augmentation sous condition de la durée de cotisation.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, accueilli sous les ovations par François Chérèque ; les deux secrétaires généraux qui improvisent à midi trente une conférence de presse ; et le 24 juin en ligne de mire, avec nombre d’interventions sur la mobilisation à organiser pour que cette journée d’action soit exemplaire… L’invité n’aura pas eu droit au débat sur les retraites, il était déjà en direction de Paris quand l’après-midi a débuté.

Mais rembobinons le film : côté amendements à la résolution générale présentée par Laurent Berger, nous avons débuté de bon matin avec un mini-débat sur la dépendance. Les délégués ont suivi le syndicat Finances de Provence-Côte d’Azur, et à près de 80% et 25 351 mandats (voir le résultat détaillé des votes sur le site Internet www.cfdt-congres-2010.fr), ils ont décidé que les successions, comme les donations, devaient participer au financement de la dépendance. Pour la rapporteure Anousheh Karvar, « C’est une question de justice. Il n’y a pas de raison que les professions libérales soient écartés de cette nécessaire solidarité. Pour la CFDT, il est naturel d’amplifier le soutien apporté dès 2001 à l’APA. »

Précaires, fonctionnaires et futurs retraités

Autre vote d’importance avant ceux des retraites, celui de la convergence entre salariés stables et salariés plus précaires. On ne peut être raisonnablement opposé au fait que les droits des salariés convergent, mais le Congrès a sanctionné une formulation peu habile de la Confédération, et le syndicat de site de Marcoule a eu gain de cause. Pour ces militants, qui rencontrent nombre de salariés de la sous-traitance, c’est par le haut qu’il faut converger et la résolution ne le précisait pas. Aussi, 59% des délégués (16 587 mandats sur 29 587 exprimés) ont rejeté cette présentation peu cohérente avec la volonté de la CFDT.
Dans le même état d’esprit, la mise en place d’une couverture conventionnelle spécifique pour les personnels contractuels de la Fonction publique a été très largement rejetée (près de 83%).

Les trois débats sur les retraites ont donné lieu à des votes qui ont confirmé les propositions de l’équipe confédérale sortante. François Chérèque l’avait dit mercredi, pas question de toucher à l’âge de la retraite à 60 ans, en laissant le soin au Congrès de décider de la durée de cotisation. Jeudi, à près de 60 %, suivant les Métaux de St Nazaire et contre la proposition du syndicat Interco Seine Maritime, les délégués ont décidé de lever le tabou sur le nombre d’années de cotisations.
« La CFDT veut une réforme alternative à celle du gouvernement. Elle est prête à en discuter mais elle met ses conditions : la prise en compte réelle des carrières longues et de la pénibilité ». 17 151 mandats (58,9%) contre 11 500 ont soutenu cette évolution.
Dans la foulée, à près de 80 %, les congressistes ont décidé une réflexion sur les conditions d’unification des régimes de salariés des secteurs publics et privés. Enfin, concernant le financement des retraites, le Congrès a suivi à 62% le syndicat des banques de l’Isère opposé au syndicat des finances de Bourgogne qui voulait élargir les sources du financement en taxant les revenus du capital et l’ensemble des revenus financiers.


 9 juin 2010 - Après l’intermède écolo, les débats s’animent

La troisième journée du 47e Congrès Confédéral aura été riche en événements, le dernier en date avant la pause nocturne étant le débat sur les amendements à la résolution générale (voir ci-dessous) : de quoi mettre un peu d’animation après la réponse de François Chérèque aux interventions des syndicats sur le rapport d’activité, et la présentation de la résolution générale par Laurent Berger.
Mais auparavant, il y avait eu une belle matinée écologique avec des témoignages de militants syndicaux d’entreprise : Institut géographique national (IGN) à Paris, Solvay à Tavaux, des enseignants de l’Ecole Notre Dame à Ussel, des patrons (IGN et Renault), des militants écologistes (Dole Environnement, France Nature Environnement), et même un membre du gouvernement, en la personne de la secrétaire d’état à l’environnement Chantal Jouanno.

De ce débat, on retiendra que le partenariat noué avec France Nature Environnement est une incitation pour que les adhérents et militants CFDT inscrivent délibérément leurs analyses et leurs actions dans un cadre où social, économique et écologie s’harmonisent utilement pour tous.
En effet, plus qu’une attention ponctuelle ou une déclaration d’intention liée à un effet de mode, éthique, pérennité et développement durable sont désormais au cœur de l’action des militants CFDT, afin qu’emploi, salaire ou conditions de travail ne soient pas opposés à la préservation de la biodiversité ou à la protection contre les risques de pollution.

Mais en ce troisième jour du congrès, l’on attendait la réponse du Secrétaire général à près de 90 interventions des syndicats. Et François Chérèque n’a pas déçu, faisait preuve de pugnacité sur plusieurs points dont celui des retraites, et réaffirmant les valeurs qui fondent la CFDT. Alors que le sarkozysme effréné déstabilise les militants par l’accumulation de mesures auxquelles il faut répondre et par le stress qu’il génère, rappeler ce qui fait le fonds commun de l’appartenance CFDT ne pouvait qu’être accueilli à bras ouverts.

François Chérèque a souligné les valeurs de justice et de solidarité, a dit qu’il n’y avait pas de fatalité à subir, et surtout que les salariés ne devaient pas être laissés seuls face à une attitude gouvernementale et patronale qui les met en première ligne pour payer les effets ravageurs des décisions des financiers. « Personne ne peut s’en sortir seul, ni en France, ni en Europe », a martelé le secrétaire général de la CFDT, affirmant au passage que le travail, plébiscité par les Français, devait redevenir un facteur d’émancipation et d’épanouissement.

Il a reconnu que la CFDT n’avait peut-être pas réagi assez vite sur la RGPP (révision générale des politiques publiques), a dénoncé ses conséquences aussi bien pour les personnels que pour les usagers, et a ainsi donné du grain à moudre à ceux qui ont demandé l’après midi que la CFDT ne soit pas porteuse d’adaptation à la baisse.

Quant aux retraites, sans anticiper le débat de jeudi sur la durée de cotisation, François Chérèque a bien répété que les 60 ans étaient un palier auquel le gouvernement ne devait pas toucher. Il a aussi assuré que la CFDT ne négocierait pas de contrepartie et qu’elle agirait pour imposer sa propre plateforme, qui inscrit le débat dans une perspective à 30 et 40 ans.
Au niveau des retraités déjà pensionnés, il a exigé que l’allocation aux personnes âgées soit consolidée. Quant aux retraités qui s’accrochent aux responsabilités dans les syndicats professionnels, il a clairement dit que chacun devait être sa place : « Vous n’êtes pas des syndicats de la CFDT mais des retraités dans la CFDT ».

Et la conclusion est arrivée naturellement : « La dynamique de la démocratie ne s’arrête ni ne commence avec le Congrès. » Une manière de dire que les leçons de 1995 et de 2003 ont été intégrées et que les 40 débats qui ont traversé le paysage des adhérents et militants ont apporté l’air frais dont l’organisation a toujours besoin.
On comprend alors l’ovation de 10 minutes qui a suivi, la salle debout, et le vote validant le rapport d’activité avec près de 87 % d’approbation.

Dans la foulée, Laurent Berger, un « petit jeune qui monte », a présenté la résolution générale, mettant ses pas dans ceux du Secrétaire général.

Les chiffres du jour
- Vote du rapport d’activité
33 898 mandats potentiels ; 29 899 mandats présents ; 28 540 exprimés
POUR : 24 774 (86,8%) ; CONTRE : 3 776 (13,2 %) ; Nuls ou blancs : 1 349

- Mise en place d’une fiscalité écologique
POUR : 19 033 (66,7%) ; CONTRE : 6 397 (22,4%)

- Possibilité pour les comités d’entreprise ou de groupe de se prononcer sur la définition des critères de rémunération des dirigeants et du management
POUR : 22 320 (78,21%) ; CONTRE : 5 218 (18,28%)

- Suppression du quotient familial et conjugal dans le cadre d’une réforme de l’impôt sur le revenu, élément d’une réforme globale de la fiscalité
POUR : 25 168 (88,19%) ; CONTRE (dont l’UTR) : 2 224 (7,79%)

- La CFDT doit-elle militer pour faire le bilan de l’activité des services publics, et éventuellement demander des augmentations ou des baisses d’effectifs ?
POUR : 11 953 (41,88%) ; CONTRE : 15694 (54,99%)


 8 juin 2010 - La CFDT à coeur ouvert et l’émotion de Nilda Fernandez

Mardi 8 juin, c’était la seconde journée pour les 1700 délégués au rendez-vous quadriennal que la première confédération syndicale de France donne à ses syndicats. A raison de 8 minutes par intervention, ce sont près de 50 militants qui ont pris la parole aujourd’hui. D’avis général, les interventions des fédérations et des Unions régionales sont les plus insipides. C’est apparemment surtout l’occasion pour les futurs candidats au burean bnational confédéral de faire un tour de piste.

Au nombre des interventions, on retiendra que ce sont les secteurs de la métallurgie, de la santé et des services sociaux et d’Interco, qui sont le plus intervenus. Du côté des retraités, cinq prises de parole, la Haute-Savoie en milieu de matinée, puis avant le déjeuner Michel Devacht, secrétaire général, a pris la parole, et dans l’après midi, cela a été le tour d’Henri Chevolleau de Loire-Atlantique et de Christiane Villeneuve de l’UTR 2 Flandres.

Huit UTR n’ont pu prendre la parole faute de temps : la Meurthe-et-Moselle, les Bouches-du-Rhône, la Somme, le Pas-de-Calais, le Calvados, l’Essonne, les Ardennes, l’Aveyron et l’Ille-et-Vilaine.

Du côté de la Haute-Savoie, deux syndicats ont pris la parole.
Tout d’abord, la Métallurgie par la voix de Laurence Faucher, qui a présenté les chantiers innovants ouverts en matière de formation, de prêt de main d’oeuvre, et de revitalisation du tissu industriel de la vallée de l’Arve.
C’est ensuite une autre femme, Chantal Gaillard, qui a pris la parole pour demander une répartition différente des moyens entre les structures CFDT. Une intervention très applaudie, surtout lorsqu’elle a dit que son travail au sein de la CFDT était développé par un arabe et une handicapée. Congres2010_CGaillard Les thèmes de la CNAS, et de ses ressources à mettre au service de recours juridiques de plus en plus fréquents et de mouvements de grèves parfois durs, de la Réforme générale des politiques publiques, des moyens à donner aux organisations, notamment en terme d’heures de délégation, ainsi que des réformes à marche forcée poussées par « le p’tit Nicolas », sont revenus très souvent. Les cris du coeur aussi des copains du textile des Vosges, désormais membres de la fédération des Services, ou des métallurgistes de Lorraine, ont été marquants.

Moment aussi touchant, pour conclure, que l’intervention du chanteur Nilda Fernandez, au nom d’un syndicat CFDT qui réunit atistes, sportifs et animateurs culturels. Nilda a su décrire la situation atypique de ces salariés qui travaillent la plupart du temps alors que nous sommes en congé et que nous profitons des oeuvres qu’ils créent pour nous. Il a dit avec beaucoup de justesse l’importance du droit à la culture populaire pour tous.

Le chiffre du jour
2041, c’est le nombre de personnes présentes au Palais des Congrès Vinci, non seulement les délégués, mais aussi les journalistes (plus de 200) et les invités. J’ai notamment croisé avec bonheur Pierrot Héritier, notre ancien secrétaire général régional, enchanté d’avoir entendu un certain nombre de réactions vigoureuses.


 7 juin 2010 - Une CFDT éthique et durable

Avec le traditionnel quart d’heure de retard, le 47e Congrès Confédéral de la CFDT s’est ouvert hier lundi 7 juin 2010 à 14h30. Le Palais des Congrès, face à la gare de Tours, est comble.

Ouverture Congrès

Pas de long laius d’ouverture mais plutôt un parcours poétique, gastronomique et touristique, mais aussi syndical, avec le secrétaire général de l’Union régionale CFDT Centre.

François Chérèque, que tous les intervenants vont appeler François, fait bref, et son discours est entrecoupé d’un film qui montre le jeu collectif de la Commission exécutive confédérale. Tout y passe : les retraites, l’emploi, la sécurisation des parcours professionnels, les foucades d’un Sarkozy omniprésent, et la timidité d’un patronat aujourd’hui absent du jeu.

Le Secrétaire général fait applaudir la retraite à 60 ans, mais pas les 35 heures, la lutte pour la justice et contre les discriminations. A la sortie de la salle, les deux journalistes de l’Huma que j’interroge ont trouvé le Secrétaire général combattif et les intervenants aussi...

Affaire à suivre. Hier, 18 interventions sur le rapport d’activité, aujourd’hui encore une bonne brassée. L’UTR CFDT parlera par ma voix en 38e position...

Les chiffres du jour :
1720 délégués, 820 000 adhérents (+ 2 %), 29 000 mandats soit 88 %.

CFDT Congrès 2010

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